vendredi 15 novembre 2013

Quel chantier!








Inauguration sur TV Lémanbleu
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Inauguration sur Lancy TV
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article dans la Tribune de Genève
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article dans
"Tout l'immobilier" 

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Photos de l'inauguration sur
 http://www.florimont.ch/fr/photos-videos-1/

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HISTORIQUE



On aménage un terrain de tennis au début du siècle. A l'arrière plan on voit le bâtiment actuel de ce que l'on appelle la villa… Au premier plan, un camion déverse de la terre...

2012, le tennis disparaît et ...



de petits monstres de métal viennent sur le terrain de tennis disparu faire leur trou… De grands monstres viennent aussi pour tenir le ciel autour du trou qui commence à se creuser…

Au lieu du tennis
Il y aura tout d'abord
Un grand précipice


Dans le paysage
Ce trou ne paie pas de mine-
Il fera école




Parpaings j'entends murs
Et pour que l'école dure
Chers amis donnez-

(financement des mosaïques: Cliquer ICI)


















Sommeil de métal-
A l'ombre des derniers arbres
Le monstre somnole


Ce n'est pas la Tour
Où le laid Quasimodo
Va se réfugier

(voir ICI! lettre Q de l'alphabet)




Cet arbre de fer
Avec ses deux pauvres branches
Sera débranché



Arbres rescapés
Vos frères ont disparu
Et reste leur tombe 

Et de vos mains vertes
Vous cherchez dans le grand trou
Leurs traces enfuies



Par pin ou sapin
Je vois que les rescapés
Font les sentinelles



Il y a une école en face, mais on a oublié Pierre Ronsard et son adresse aux bûcherons de la forêt de Gastine:

"Ecoute, Bûcheron, arrête un peu le bras!
Ce ne sont pas des bois que tu jettes à bas:
Ne vois-tu pas le sang, lequel dégoutte à force
Des Nymphes qui vivaient dessous la duré écorce?
[…]
Adieu, vieille forêt, adieu têtes sacrées,
De tableaux et de fleurs autrefois honorées,
Maintenant le dédain des passants altérés,
Qui, brûlez en été des rayons éthérés,
Sans plus trouver le frais de tes douces verdures […]" 




Sont-ce tous ces arbres
Rougissant le chantier- Non
Ils n'ont pas de veine!




Quel grand désordre-
Et on dira aux enfants
De toujours ranger




Photo le 24 août 2012

A suivre… au jour le jour…


Septembre 2012


Sans faire de bruit
Les murs montent doucement
Pour gratter le ciel



Ils ont installé 
Un immense tableau blanc-
Ils cherchent la craie


Quelques bâtons rouges-
Non ce ne sont pas les craies
Ni du rouge à lèvres



Avec un mur rouge
Rutilant à cent pour sang
Ça ferait pompier


+

Octobre  2012




Malgré son bras rouge
Teinté par le sang des arbres
La grue continue



Novembre 2012


Les dents de béton
Ne tiennent pas toutes seules
Sans leur appareil 


Décembre 2012


Tel du sucre en poudre
La neige a tout recouvert
De son linceul blanc


Janvier 2013


Livres et cahiers
Arrivent déjà des nues
Quelle grande classe



Février 2013


Béton silencieux
Que de cris seront poussés
Lorsqu'il parlera


Mars 2013


La cage est bien vide
Quand elle aura ses barreaux
Ses moineaux viendront



Avril 2013


Les vitres yeux morts
Renvoient l'image du ciel
Qui est libre encore



L'arbre du printemps
Fait approcher ses chatons
Du monstre béton



ETE 2013! Il faut tout finir pour être prêt pour la rentrée!


Avec ses yeux ciel
Qui retiennent les nuages
C'est le bâtiment



Et le vieil immeuble
Appuyé sur ses béquilles
S'attend au pire


Non ce ne sont pas 
des cigares pour les profs
Mais de la moquette

Hélas quelquefois
Vraiment il leur semblera
La fumer en vrai




Même à l'intérieur
On sera toujours à flot
Et la mer au mur



Ce n'est pas de l'art
Et pas même du cochon
Quand on n'est pas doué


Une libellule
Vient de se poser au sol
Pour se reposer



 Leurs dents sont solides
On peut maintenant ôter
Les bagues des murs



Voilà, il est mûr
Il tient bien le bâtiment
Et l'arbre s'écarte


Mais en quelle langue
Parlent le phoque et le crabe
Eh bien en écume


Ne faites donc pas
Les gros yeux aux ouvriers
Tout sera fini

Ôtez les cartons
Et essuyez bien les plâtres
Et tout sera prêt



Par cette fenêtre
On voyage dans le temps
Sans même bouger



Ils parlent toujours
Avec leur langue d'écume
Ça va déborder



L'alphabet ça marche
Quand bien même il est resté
Quiet sur le carreau


La petite fille
Va entrer dans la maison
Des florimontains

Elle a salué 
De ses pieds le hérisson
Sur le paillasson

Derrière la porte
Elle va trouver la magie
De l'enseignement

Entre doucement 
Jolie petite Princesse
La vie est fragile

Mais après ses portes
On peut souvent rencontrer
Un monde magique

Tout comme Tintin
Dans le Temple du Soleil
Devant les Incas





La nouvelle école maternelle de Florimont est ouverte. Dans ce jardin d’enfants, on a déjà planté les enfants. Quand ils auront poussé, ils traverseront la cour et iront piétiner les autres plate-bandes de Florimont, celles du primaire, et des cycles. Si Rome, selon l’adage, ne fut pas faite en un jour, de même, ce nouvel espace pédagogique de Florimont mit quelques mois à sortir de terre…
Pour préparer le terrain, il fallut enlever comme de mauvaises herbes, les arbres qui se tenaient devant la Villa du Parc, supprimer le tennis et les bancs. Au début,  une fois les arbres sacrifiés et le tennis réduit à l’état de boue, le paysage quasi lunaire fit penser à une sorte de « crop circle » urbain… En effet, la soucoupe volante qui avait atterri sur la pelouse en face, permettait d’envisager cette hypothèse avec le plus grand sérieux. Mais les extraterrestres qui s’affairaient sur le terrain dégagé avaient un air tout à fait humain, et ils se révélèrent être de simples ouvriers au service du maître d’œuvre de l’école. Le lieu devint une ruche, bourdonnant de l’activité de tous les corps de métier pendant de longs mois.
Très vite des monstres mécaniques –heureusement les petits enfants n’étaient pas là pour les voir et s’en effrayer- vinrent prendre possession de ces terres gagnées sur le passé de Florimont, et les labourer pour y faire germer des moissons de bétons. Et il ne fallut pas très longtemps pour devoir recourir à de vieilles photographies pour se souvenir de l’aspect antérieur des lieux…
Ce fut alors un va et vient incessant d’engins de toutes sortes, un ballet subtil et lourdaud à la fois, dont les petits rats qui pesaient plusieurs tonnes, déversaient du béton et plantaient des barres de métal partout. Progressivement cependant, des murs s’élevèrent pour cacher la surprise de l’aménagement intérieur, et protéger la pauvre Villa du Parc des regards indiscrets.
Comme la ville construisait aussi des immeubles de l’autre côté de la route, beaucoup pensèrent que c’était une sorte de reflet qui montait parallèlement sur le terrain de Florimont. Les bruits des constructions se répondirent également en écho, et les oiseaux de fer grattèrent inlassablement le ciel pour y faire grimper progressivement les bâtiments nouveaux.
Très vite, la nouvelle construction avec ses grands yeux vitrés montra son visage, et s’intégra au paysage, « sandwiché » entre la vieille Villa du Parc, et l’entrée habituelle de Florimont.
A l’intérieur de la ruche du nouveau bâtiment, caché aux regards curieux des passants, tout se mit en place. L’alphabet de mosaïque des petits florimontains orna les espaces muraux, comme les vitreaux les murs des cathédrales.
Comme une marée descendant à la vitesse du galop d’une licorne, tout le matériel qui fait d’un simple bâtiment une apparence d’école, les tableaux, les bureaux, les chaises, les craies, pénétrèrent dans les classes et se mirent en place, immobiles, à l’affût des écoliers. Le silence attendait leur joyeuse clameur.
Les trois salles de sieste près des classes s’organisèrent paisiblement. Heureux enfants qui connaîtront en toute légalité et quiétude la Cour du Roi Sommeil après l’effort, alors que leurs aînés devront dans les classes supérieures dormir en catimini, au risque de se faire gourmander par leurs professeurs !
Les fresques à thème marin, introduisirent le rêve dans ce nouvel espace pédagogique. Plus concret que le projet de tunnel sous la rade dans le Lac de Genève (que les  ignorants s’obstinent à appeler le Lac Lémac, ou Lac de Thonon, etc), avec les autres mosaïques des enfants, en rêve le Rhône est redescendu vers la mer. Il y a plongé pour pêcher et rapporter le fruit de sa pêche afin de le plaquer sur les murs de certaines salles.
Les maîtresses et les maîtres, enfants déguisés en adultes qui ont choisi ce métier pour ne pas quitter l’enfance, ont investi les lieux  pour préparer l’année scolaire…
Maintenant la ruche va vrombir de mille petites voix, toutes différentes, toutes uniques. Chaque enfant grandira lentement dans ce lieu, avec ses talents, ses joies, ses rires, ses larmes et ses peines, et il sortira progressivement du vert paradis de l’enfance pour aller vers l’âge d’homme en sachant qu’un jour « il nous faut devenir adultes pour comprendre que les adultes n'existent pas et que nous avons été élevés par des enfants que l'armure de nos rires rendaient faussement invulnérables » comme le dit si joliment Christian Bobin.

Le mariage de l’ancien bâtiment de la Villa du Parc et du nouveau bâtiment de la Maternelle a déjà des enfants qui font la joie de leurs parents.

Claude Lopez-Ginisty


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Les enfants ont fait des mosaïques pour décorer le nouveau bâtiment (voir alphabet ICI!)







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